Sur la vitre


Pour embellir la vue dans la chambre…



Les Papou’z!


Papou a tant de succès qu’il a à présent un frère jumeau! pour la maison. ;)



Petit casier


On a réservé une boîte où É peut retrouver ses petites affaires.

Oui bon elle a tout vidé et elle y a installé son Papou!! :D



Le partage


Plusieurs enfants qui doivent pouvoir jouer, ce n’est pas toujours évident. Il y a bien sûr des moments de jeux ensemble, dans la complicité, la joie. Mais par moments, on a envie d’être tranquille, d’un petit coin à soi, avec quelques affaires qu’on affectionne… Surtout les plus grands. Lî aime bien jouer tranquillement avec sa collection de petits animaux, elle les adore. Elle n’aime pas les prêter, les partager. Il y a certaines affaires comme ça, des jouets, des livres, qui lui sont particulièrement chers, ou qui lui ont été personnellement adressés, offerts. On s’est organisé dans la maison pour qu’elle ait un endroit à elle, où les retrouver, où les ranger. Mais elle veut jouer dans la pièce de vie. Et É. qui se déplace bien maintenant et très librement, à l’aise partout dans la maison, est très curieuse de tout ce que fait Lî! Elle a envie d’aller s’installer dans les jeux de Lî. À Lî ça ne lui plaît guère (surtout que ça lui prend du temps et de la concentration, d’installer tout son petit monde), alors elle râle quand É. s’approche, veut toucher ses jouets.

Il est de bon ton d’encourager, de convaincre même, d’apprendre aux enfants à partager. Tout partager, à tout prix, prêter les jouets, les affaires.

Mais vous, vous partageriez tout comme ça, systématiquement? même ce qui vous est cher, précieux, des objets auxquels vous tenez énormément, ponctuellement ou non? Moi non. Et je trouve important de pouvoir refuser de partager certaines choses. Des choses qui nous appartiennent, des choses auxquelles on tient, des choses qu’on aime, qui nous rassurent, nous apportent du plaisir, des choses à soi…

Les enfants chez la nounou doivent partager. Le temps, la disponibilité de la nounou, les lieux, un bon nombre de jouets, d’activités. Pour Lî c’est pire encore. En plus de sa maison, c’est sa maman, qu’elle doit partager, et qui est moins disponible pour elle, pour la câliner, lui donner le sein, jouer avec elle, l’écouter, lui répondre, la suivre dans ses jeux, ses envies, sortir quand elle le souhaite… Imaginez-vous!?! C’est plus qu’énorme!! Elle subit cette situation. Si on lui avait demandé son avis, son accord, bien sûr que ça aurait été hors de question!

Je n’oblige pas à partager. Parfois j’essaie d’inciter, de sensibiliser, quand il s’agit de jouets communs par exemple, ou d’un jeu qu’on peut jouer ensemble. Mais je n’insiste pas. Un enfant qui joue, si un autre enfant veut prendre le même jeu, je vais demander à ce que le jouet soit rendu à son propriétaire.  C’est rare que j’aie besoin d’intervenir davantage (si chacun est respecté, dans ses affaires aussi, chacun comprend mieux l’importance que cela revêt), mais s’il le faut je récupère moi-même l’objet et le rend à son propriétaire. Et je me rends disponible aussi pour réconforter l’enfant déçu ou malheureux qui n’a pu garder ou prendre le jouet convoité, lui proposer autre chose éventuellement (un autre objet, une activité…).

Je demande aux parents d’apporter quelques jouets et affaires personnels à l’enfant qui vient chez nous. Ça me paraît très très important et évident! Par exemple, quand Lî ne veut pas prêter un livre, je propose à É. de sortir les siens, qu’elle a dans son sac. Et là si Lî s’intéresse à un livre d’É., que É. tient dans sa main, je demande à Lî de ne pas le lui prendre. Elle pourra peut-être les feuilleter à un autre moment, où É. sera occupée à autre chose… et alors si É. revient vers ses livres, elle peut les reprendre à Lî. (vous me suivez?! :hihi: )

Vivre ensemble pour ces enfants n’est pas un choix. Cela leur est imposé. C’est déjà bien suffisant comme base pour ne pas en plus attendre d’eux qu’ils veuillent tout partager tout le temps et soient toujours d’accord pour jouer ensemble, partager les jouets etc.

En ce moment, je sépare la plupart du temps le salon en deux, pour que Lî ait un coin de jeu préservé, avec ses petites affaires préférées.

Les filles se promènent dans la maison, sautent sur le lit, partagent des jeux et des moments, grignotent ensemble, jouent l’une près de l’autre, sans forcément jouer ensemble. Et puis il y a ces moments où Lî a envie d’être tranquille. Alors elle peut s’installer dans cet espace protégé.



Doudoux pour É.


É. dort maintenant souvent dans son lit, auquel elle s’est visiblement habituée. Du coup, elle adopte aussi apparemment son petit lapin blanc comme doudou… Comme elle aime toucher les objets du lit en s’endormant (mobile, barreaux, matelas, tour de lit…), et en cas d’oubli du lapin, je lui ai confectionné un « doudou » qui restera ici. et tiendra compagnie au lapin! Je sais qu’elle a des poissons chez elle et qu’elle aime ça, je lui ai donc fait un poisson, avec une face colorée pleine de « bulles », et une face en polaire rouge toute douce!

J’ai aussi fabriqué une étoile qui tournera au gré de la boîte à musique (récupérée d’un ancien mobile).



Musique!


Nous ne sommes pas allées à l’atelier musical du relais. Non seulement je n’étais pas motivée après la rencontre de la semaine précédente, mais en plus ce jour-là É. arrivait plus tard que d’habitude, car elle passait la journée complète avec nous.

Et bien figurez-vous que dans le fil de nos jeux, les filles ont sorti le sac à instruments! Nous avons donc fait notre séance musique et chant, ici, toutes les trois!! C’était très chouette!

É. donne le « la » avec le petit diapason…

De petits instruments « maison »: un tambour avec un bidon de céréales, des maracas avec des petites bouteilles (trèèèès bien fermées!) contenant du riz, de la semoule, du quinoa, des grains de café, des pâtes…

Lî se passionne pour l’harmonica:

La berceuse finale endort É. dans les bras!! Ce jour-là je me suis fait mal au dos. J’ai tenté sans trop d’espoir de la déposer dans le lit-cage, en la berçant… elle y a finalement dormi 2 heures!!! 8| C’est une première!!

Et avec les ponts, voilà 10 jours de vacances! bienvenues pour mon dos!!! :s



Le petit cahier


J’ai repris une habitude que j’avais en crèche: un petit cahier individuel pour l’enfant, pour y noter ses habitudes, ce qu’il vit chez Noun, ses petites aventures, ses découvertes, coller des photos, des souvenirs… L’enfant l’emmène avec lui, le jour où il part…



Les visiteurs…


Avant même de travailler, je me doutais qu’une des difficultés liées à cette profession, c’était les visites (de la famille, des amis…).

Et bien très vite cela se confirme. Il faut poser le cadre auprès de l’entourage, et ce n’est pas évident, ni pour soi, ni pour le compagnon, et j’imagine plus tard, pour les enfants plus grands, qui souhaitent inviter des copains…

J’avais interrogé des « collègues » expérimentées à ce sujet. Je me permets de partager ici anonymement les avis que j’ai reçus:

- On ne peut pas à la fois travailler auprès des enfants ET être disponible pour les invités. Certains invités ont du mal à concevoir qu’on donne la priorité aux enfants accueillis!

- Quand une visite déborde un peu sur le temps de travail, mais que les invités ne perturbent pas du tout notre travail, pourquoi pas…

- Il faut faire attention à ce que les gens ne « s’installent » pas trop, poser des conditions claires dès le départ.

- Certaines personnes ne prennent pas ce travail au sérieux et ont tendance à penser que comme on est à la maison c’est qu’on ne fait rien!

Cela faisait globalement écho à ce que je ressentais, sans encore trop pouvoir l’argumenter.

Mais bien que débutante, j’ai très vite fait l’expérience…

Si quelqu’un souhaite venir nous voir, il arrive que, quand je précise: « tel jour je travaille, donc ce n’est pas possible », on me réponde : « mais tu es chez toi »……..

Dans un second temps, certains insistent: « on ne restera pas longtemps »… « On ne dérangera pas »…

Même quand vous précisez à quelle heure (souvent tôt le matin) vous commencez votre travail (= heure à laquelle le bon sens voudrait qu’il n’y ait plus de visiteur de passage à la maison), il arrive qu’ils tentent tout de même de grapiller des heures…

Ce n’est pas aisé de dire non. Mais quand je constate comme les gens dérapent facilement, je me rends compte à l’évidence qu’il ne faudrait pas laisser d’alternative. Bien sûr, on peut penser que ça comporte un côté convivial, les visistes, les rencontres… Mais nos expériences me confortent plutôt dans ma position.

Un matin, nous avions des parents qui étaient présents quelques heures  sur mon temps de travail, avant de de repartir. Un autre jour, c’est un ami venu voir MrNoun, qui s’est attardé…

Le passage de nos parents, j’ai vu comme ça a bouleversé les filles, même la nôtre, qui les connaît, mais qui n’était pas en forme et avait envie d’être tranquille, de cocooner! La présence d’inconnus a angoissé É., déjà dans une période délicate (apprentissage douloureux de la séparation). Elle a pleuré, c’était du stress pour elle, et elle s’est accroché à moi au lieu de jouer en confiance. J’étais du coup encore moins disponible pour Lî, qui cherchait toujours la tranquillité et le réconfort…

J’ai vu comme je n’ai pas pu travailler comme d’habitude, en présence de l’ami de MrNoun, rien que pour nous mouvoir dans notre espace habituel de jeu, pour évoluer librement…

De plus, il est arrivé que des amies téléphonent et aient envie de papoter au téléphone, malgré mon travail et la présence des enfants! Je ne passe pas mes coups de fil sur mon temps de travail, et dorénavant, je ne réponds que très rarement au téléphone! Seulement si c’est un appel de mon conjoint, ou des parents de É.

Bref, des situations inconfortables! :(

Quelle que soit la bonne volonté, la discrétion des visiteurs, je suis convaincue qu’il faut éviter les visites sur le temps de travail.

Derrière cette question se situe encore une fois celle du RESPECT.

* Respect de moi: oui, je suis chez moi, mais JE TRAVAILLE!! (récemment, quelqu’un a demandé si je gardais toujours un bébé, comme s’il s’agissait d’un passe-temps choisi, d’un loisir!! on ne demanderait jamais si je me rends toujours à mon travail si je travaillais à l’extérieur hein!!)

Oui, être disponible pour un, des enfants, c’est une question de conscience professionnelle et C’EST UN VRAI TRAVAIL. (je suis d’ailleurs sous contrat, je suis employée et rémunérée, et je suis responsable, de la santé, la sécurité et le bien-être des enfants que j’accueille). On reste dans l’idée sourde (pire qu’en crèche) que s’occuper d’enfants ce n’est pas un vrai travail!… c’est déplorable et vraiment rageant! Ce n’est pas « facile » ni « difficile » etc, c’est un TRAVAIL! point!

Comme je le disais: si je travaillais en-dehors de chez nous, la question ne se poserait même pas!… Je voudrais qu’elle ne se pose pas là non plus!

Par ailleurs, je suis soumise à d’éventuels contrôles. Je me vois mal recevoir la puéricultrice de secteur au milieu des invités! C’est au risque de mon agrément. Oui, je peux être avertie, sanctionnée, je peux perdre mon emploi!…

* Respect des parents qui me confient leurs enfants: ils me font donc confiance, et me paient. Et ils m’emploient pour que je fasse mon travail AU MIEUX.

* Respect encore une fois et avant tout de l’ENFANT. Il y a fort à parier que si à mon domicile je recevais des patients, ou des étudiants à qui je donnais des cours , l’entourage aurait davantage de scrupules à venir, à rester… Encore une fois, un enfant ce n’est pas grave. Encore une fois il n’est pas considéré comme une personne! Il ne peut émettre d’objection. Et s’il en émet, on peut s’en moquer!

Il est d’ailleurs plus une poupée qu’une personne, il risque donc en plus de subir les « gouzi-gouzi » des visiteurs, les tripotages, les questions, remarques et réflexions, bref, tout ce qu’on n’oserait jamais se permettre avec une vraie personne! (j’emploie ces termes intentionnellement)

De plus, je me sens mauvaise professionnelle en soumettant les enfants au stress d’être en présence d’inconnus, avec l’anxiété, le déséquilibre et la peur que cela suscite!

Je me dois de protéger et de respecter les enfants, et donc, de refuser au maximum la présence d’étrangers, de visisteurs, sur leur temps de présence (mon temps de travail). Et dans cette démarche, il est aussi nécessaire que le conjoint soit ferme et convaincu lui aussi!…

Ceci dit, il peut être positif de faire des rencontres si c’est dans des situations respectueuses et qui restent professionnelles, telles que certains lieux d’accueil, goûters, visites ou sorties avec d’autres nounous ou parents en qui on a confiance, avec les enfants qu’ils accompagnent. Je ne remets pas cela en question même si (on l’a vu!) ça nécessite aussi réflexion et précautions. Mais il s’agit là d’une toute autre démarche, c’est évident!



Bonjour déprime


Récemment, j’ai reçu une proposition pour des regroupements d’assistantes maternelles, organisés par un relais, pour les assistantes maternelles indépendantes. Ces regroupements consistent en une rencontre hebdomadaire, sur une matinée. Il y a un thème à chaque rencontre (peinture, contes, psychomotricité, modelage, comptines…), et j’ai reçu le programme.

Ce matin, les filles étaient prêtes tôt toutes les deux, il fait beau, hop, allons voir ce que ça donne ces animations! Bon, j’appréhendais un peu… j’ai déjà parlé de mes furtives « rencontres » avec mes « collègues » de mon quartier… Mais je me suis dit allez! c’est bien que ça existe, ce genre d’animations, ça peut être des ateliers très sympa et de bonnes rencontres!

Je me suis rendue à l’adresse indiquée en bas du courrier… Or il se trouve que c’est l’adresse de l’organisation gestionnaire, mais pas du tout du lieu des regroupements!! (ce qui bien sûr n’est nullement mentionné dans le courrier!) Heureusement, sur place, je rencontre des assistantes maternelles qui se rendent à un autre relais, qui m’indiquent le chemin (à l’opposé!).

Je ne suis plus très à l’heure quand j’arrive sur les lieux. Il s’agit d’une salle qui doit servir pour les associations, assez grande, un bon potentiel pour organiser des activités sympa. Je suis accueillie par trois dames très chaleureuses. J’ai cru que c’était les animatrices, en fait il s’agit de deux assistantes maternelles et de l’unique animatrice du lieu.

Il y a une grande table qui occupe un tiers de la salle, à l’entrée, autour de laquelle sont assises les assistantes maternelles (8 environ). Le reste de la salle est occupé par les enfants (une vingtaine, majoritairement de 2 ans environ), qui jouent avec quelques jouets au sol. Il n’y a aucun adulte avec eux, et ils sont livrés à eux-même… Lî est intimidée, je la rassure et nous allons ensemble vers les jeux. É., qui a dormi pendant le trajet, se réveille toute guillerette! Le thème du jour c’est la psychomotricité… je me demande où est le parcours de « gym »…?? Puis l’animatrice arrive avec un paquet de biscuits et en propose aux enfants (pendant que les assistantes maternelles mangent un très bon gâteau que l’une d’entre elles a fait). Ils sont tous assis collés les uns aux autres sur un tapis pour cette collation (sans boisson). Du coup, Lî, qui voulait bien un biscuit (bien sûr! ;) ) y renonce finalement, elle ne veut pas s’assoir comme ça sur ce tapis collée à tous ces autres enfants qu’elle ne connaît pas. Eux se connaissent, ils ont l’habitude visiblement, ils sont à l’aise, et apparemment habitués à être ainsi livrés à eux-mêmes. Je me dis que c’est le début, la séance n’a pas vraiment commencé, les assistantes maternelles se retrouvent autour d’un café et papotent puis on fera un parcours psychomoteur… Mais au lieu de ça, l’animatrice, toujours seule, range un peu quelques jouets, d’un air hésitant, peu sûre d’elle, personne ne l’aide hormis quelques enfants qu’elle sollicite, puis elle sort un tunnel de toile dans lequel les enfants passent. Et plus tard, au bout de ce tunnel, elle mettra bout à bout deux chaises en plastique et métal retournées pour que les enfants les escaladent. Et plus tard elle sortira des ballons, proposant vaguement un jeu de passes, puis finalement plus rien… voilà, la psychomotricité se résumera à ça. Elle est là sans conviction, seule avec 15-20 petits. Toutes les assistantes maternelles n’en font aucun cas, parlent autour de la table, de lingerie (en feuilletant un catalogue, je suppose pour une commande groupée), de régime, etc… (avec un vocabulaire pas toujours bien choisi auprès de jeunes enfants) Certaines semblent sympa, même drôles, elles feraient de bonnes copines pour sûr! Mais franchement! ce n’est ni le lieu ni le moment ni le contexte!! Et moi je suis seule, assise au milieu des enfants, à veiller sur mes deux protégées… Je me sens si mal!… :( É. s’éclate, se balade, joue avec un téléphone, pousse des cris pour s’accorder au bruit ambiant… Lî apprécie de passer dans le tunnel, mais se fait bousculer, elle est contente de jouer avec un ballon, mais se le fait piquer, elle se met un peu en colère après les autres enfants, pleure un peu sur mes genoux… Les autres assistantes maternelles doivent me trouver bizarre, toute seule là-bas à rester avec les enfants!!… La dame qui a fait le bon gâteau vient gentiment m’en donner une part. Une autre me propose un café… Au bout d’un moment, une troisième m’invite à les rejoindre. Je refuse! Franchement faire ça, c’est juste de l’abandon!! 8| Je vois bien hein, tous ces enfants autour de moi. Ils se connaissent et ils jouent, certes, mais s’ils se bousculent, se frappent, pleurent, ont besoin d’un câlin, ont peur, etc… il n’y a personne! Ou alors juste pour lui dire « allez allez, retourne jouer! »… J’explique donc que É. a besoin que je sois près d’elle (elle joue à 2 mètres de moi, mais je sais que régulièrement, elle jette un œil vers moi pour vérifier ma présence, et si elle ne me voyait pas, elle paniquerait et pleurerait). Une autre dame répond que c’est normal, c’est « la première fois »…

Bref, un grand moment de solitude!!! Je me sens extra-terrestre!

Je saisis la première occasion qui se présente pour saluer ces dames et me retirer avec soulagement! Nous serons restées une petite heure.

Je n’ai pas osé demander (par provocation) à l’animatrice: « mais c’est comme ça à chaque fois, vous êtes toute seule avec les enfants pendant que les assistantes maternelles discutent ensemble?! » Elle m’a semblée tellement dépassée cette jeune femme!!… Elle aurait rougi je suis sûre! Elle m’a dit « oh vous partez tôt! »… Elle m’a invitée fortement à revenir la semaine prochaine. Il y a un intervenant musicien qui fait participer les enfants ET les assistantes maternelles! Ah… peut-être que ça vaut mieux alors, avec une personne extérieur qui cadre l’atelier?… (là si une dame arrive en plein milieu de la matinée, l’animatrice tente timidement de lui rappeler le respect des horaires, et la dame en face lui tourne le dos avec dédain pour aller rejoindre ses copines autour du café! Elle se fiche carrément d’elle! 8| )

Sur le trottoir, j’entends pleurer. Je me retourne. C’est un bébé d’environ un an. Il a dû se faufiler et sortir de la salle, il a joué avec les poussettes. Il a dû tomber, il est à terre et il pleure. Combien de minutes est-il resté ainsi dehors, et il en a fallu encore quelques unes trop longues avant que ses pleurs n’interpellent quelqu’un qui est venu le chercher. Personne ne s’était rendu compte de son absence. S’il n’était pas tombé, il aurait pu sortir de la cour intérieure! qui donne direct sur la route (en pleine ville), et dont le portail est grand ouvert! 8|

Je m’en vais complètement déprimée!! Mais je savoure la balade du chemin du retour, au soleil, tranquilles toutes les trois, à observer les gendarmes et les lézards sur les murets! Ouf!!!

Ce qu’on est bien chez nous, ou avec nos petites balades toutes simples dans le coin, ou au lieu d’accueil adulte-enfant du vendredi!! On ira avec un plaisir particulier demain je crois!!

J’hésite à y retourner la semaine prochaine, dans ce relais, pour la musique car peut-être qu’avec un intervenant c’est mieux?… Une chose est sûre, nous n’irons plus par ailleurs!!!

J’hésite aussi franchement à envoyer un courrier à l’organisation!!!…



Petit coin douillet


J’ai pour habitude d’aménager, réaménager, réorganiser la maison, en fonction de la vie avec les enfants, leurs besoins, là où ils en sont…

Pas facile ces jours-ci pour les filles. É. sait maintenant qu’elle sera laissée ici par sa maman, que ce sera long sans la voir, elle exprime davantage son désarroi. C’est assez fréquent que les enfants réagissent ainsi « après-coup », alors que les premières fois se déroulaient assez « facilement » en apparence. É. m’a en même temps bien investie comme étant une personne de référence, à laquelle elle se raccroche. Elle joue moins donc ces derniers jours, elle est davantage dans mes bras, accrochée à moi, et je ne peux guère bouger (même dans la même pièce), m’éloigner (même de quelques centimètres) sans qu’elle pleure.

Pas facile non plus du coup pour Lî! D’autant qu’elle a été très malade là et a eu beaucoup besoin de moi…

Il faut que je m’installe judicieusement, pour pouvoir être avec les deux en même temps, à proximité. J’ai donc installé dans le « coin jeu » un petit coin douillet, pour s’assoir, avec des livres pour raconter des histoires, pouvoir jouer donc, mais câliner aussi!

Si douillet que visiblement É. n’a pas résisté à le tester ce matin!!! :D À ma grande surprise, elle s’est endormie sur les coussins alors que je chantais en lui caressant le visage, pour la réconforter!

Voilà, sinon nous prenons notre petit rythme, même si actuellement on est davantage dans le réconfort que dans le jeu! É. alterne les moments sourire et jeu avec les pleurs… Lî n’apprécie pas la proximité (la mienne, la sienne) avec É. et a tendance à la rejeter…

Il faut du temps au temps… Et heureusement, il y a le portage!! Quand ça ne va pas, É. dans mon dos, je peux me déplacer, et aussi être plus dispo pour Lî, même pour une tétée!